Vendetta, justice et politique en Corse

L'affaire Viterbi... Un fait divers exceptionnel, qui porte en lui la dimension tragique de toute vendetta et reste aujourd'hui encore dans les annales judiciaires de l'île. 

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17,00 € TTC


L'affaire Viterbi... Moins de deux siècles après, elle s'estompe progressivement dans la mémoire collective insulaire. Seuls les érudits locaux ou les historiens peuvent aujourd'hui s'en rappeler. De prime abord, l'affaire Viterbi ressemble à un fait divers tragique, d'une ampleur exceptionnelle néanmoins, qui est resté gravé dans les annales judiciaires de l'île de beauté: un homme, condamné à la peine capitale en 1821 pour avoir commis un meurtre lors d'une vendetta, choisit de ne plus s'alimenter et de se laisser mourir d'inanition, en détention, car il considère qu'une exécution publique serait déshonorante pour «les siens».

Ce geste a été perçu, lorsqu'il s'est produit, comme une marque de courage exceptionnelle, une application d'un certain stoïcisme «à l'antique» de la part d'un personnage remarquable qui raconta avec soin, jour après jour, une agonie longue et difficile, semblant avoir déjà  accepté sa mort inéluctable. Francis Pomponi, qui s'intéresse à ce que l'on peut appeler la microstoria, s'est lancé dans l'étude de ce dossier judiciaire de vendetta en s'y intéressant «au raz-du-sol» (Jacques Revel), au niveau des hommes et des destinées individuelles. Mais ce travail à hauteur d'hommes n'est pas en contradiction avec une approche historique traditionnelle, bien au contraire : dans Vendetta, Justice et Politique en Corse, les données s'entremêlent, se confondent et se télescopent entre les différents degrés de lecture, la vendetta personnelle s'inscrivant dans une dimension politique plus globale et mettant en exergue les carences de la justice. L'affaire Viterbi porte un témoignage concret sur des thèmes généraux touchant à l'histoire insulaire durant la Révolution puis l'Empire. La violence recule peu à peu et, durant les quelques décennies de la Restauration, le prétoire semble être la meilleure solution possible régler cette longue affaire. Cette vendeatta n'est plus armée, mais glisse sur un domaine plus médiatique, bien que le mot alors n'a pas le sens qu'on lui donne aujourd'hui: on ne se combat plus au couteau ou au fusil, mais on tente d'incliner l'opinion publique en sa faveur. La "civilisation des moeurs", après la vendetta armée, tente de suppléer aux dysfonctionnements toujours présents de la justice.

 

Auteur : Francis Pomponi

Francis Pomponi a été professeur des universités et a notamment exercé ses fonctions d'enseignant à la Faculté des Lettres d'Aix-en-Provence et de recherche dans le cadre de la Maison des Sciences Humaines de la Méditerranée. Il est l'auteur d'une Histoire de la Corse (chez Hachette), a dirigé le la collection du Mémorial des Corses et rédigé de nombreux essais ou articles sur la Corse replacée dans son horizon méditerranéen, dans des revues spécialisées, parfois malheureusement difficiles d'accès.

 

EAN : 978-2-915922-32-5

 

Auteur : Francis Pomponi

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