Pasquale Paoli
Le blog de Colonna édition, éditeur en région Corse
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Pasquale Paoli est bien connu des Corses. Colonna édition vous propose une biographie synthétique de cet homme politique corse, artisan de l’indépendance de l’île de beauté au XVIIIème siècle.
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Pasquale Paoli est né en 1725 en Corse, dans une famille qui s’illustra aux côtés de Théodore de Neuhoff, éphémère roi de Corse. Il reçoit une éducation de qualité au couvent du Rostino. Mais des tensions qui opposent certains Corses et le pouvoir génois contraint la famille de Pasquale Paoli, alors âgé de quatorze ans, de trouver refuge à Naples.
Il entre alors à l’école militaire où il reçoit une excellente formation martiale. En parallèle, il s’intéresse à l’économie et se pénètre des idées des Lumières, en lisant des auteurs comme Montesquieu. Elles ne cesseront de façonner sa vision du monde, jusqu’à sa mort, et inspireront sa politique éclairée quand il fut sera à la tête de la nation corse.
En 1755, les tensions entre l’île et la République de Gênes conduisant à une guerre ouverte, les principaux chefs corses décident d’élire un chef capable de les unir et de les mener à la victoire. Paoli, député de Morosaglia, sera choisi par ses pairs et nommé Général en Chef de la nation corse. Sa première tâche, en tant que général en chef, sera d’écarter Mariu Emanuellu Matra, prétendant déçu qui conteste l’autorité de Paoli. Ce sera chose faite le 28 mars 1757.
Chef militaire, Pasquale Paoli s’impose aussi comme un habile politique et un homme éclairé. Il dote dès 1755 la Corse d’une constitution qui, affirment certains, inspirera plus tard la jeune nation américaine. Fidèle aux idées des Lumières, cette constitution accorde le droit de vote aux citoyens de plus de 25 ans et même aux femmes (célibataires ou veuves). Cette démocratie, reposant in fine sur un suffrage indirect, est considéré comme une démocratie de notables.
Fin politique, Paoli se relève aussi un grand économiste et un bâtisseur. Il fonde le port de l’Île-Rousse, et introduit la pomme de terre dans l’île. Il tente aussi de réformer la justice et de mettre un terme à la vendetta.
Évincée de l’île, Gênes se retourne vers son allié français et lui demande son aide pour reprendre pied en Corse. La France prête une forte somme avec pour gage une île que Gênes ne possède en réalité déjà plus. Le prétexte est tout trouvé pour prendre pied dans une île idéalement située sur un plan géo-stratégique. La guerre éclate entre les partisans de Pasquale Paoli et les troupes françaises. Le courage des armées corses leur permettent de gagner plusieurs batailles, dont la bataille de Borgu, le 5 octobre 1768. Mais les forces en présence, disproportionnées, sont en faveur de la France, et la bataille de Ponte Novu en 1769 scelle le sort de la Corse indépendante.
Paoli se réfugie en Angleterre, l’éternelle rivale de la France. Après vingt d’exil, Pasquale Paoli soutient la Révolution Française et rejoint la Corse en 1790. Toutefois, les relations se tendent avec la Convention, conduisant Paoli à rompre avec la France et à demander l’aide de la Grande-Bretagne pour fonder un royaume anglo-corse en 1794. Il devient alors le Babbu di a Patria, ou père de la patrie.
Mais, évincé du nouveau pouvoir, le voilà à nouveau contraint à l’exil. Pasquale Paoli retourne à Londres : il y mourra en 1807, à l’âge de 81 ans. Il ne cessera pas de penser à la Corse, même mort : dans son testament, il lègue une forte somme d’argent pour la fondation d’une université de Corse à Corte, ancienne capitale de la nation corse indépendante.
Un monument dédié à ce grand homme est encore visible à l’abbaye de Westminster.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par admin le 27 mars 2011 à 14 h 00 min, et placée dans Culture Corse. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |